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L'univers d'Ulfin

Un voyage dans un monde contemporain et de légende.

Construction

Aujourd'hui je vais partager avec vous un article que j'ai écrit pour l'association Contoutos Atrébate eux qui ont pour but de retracer la vie de nos ancêtres de Gaule Belgique, durant la période charnière du premier siècle avant J-C, mais je vous ai déjà parlé d'eux et nous y reviendrons. Je précise de suite que cet article n'engage que moi. Il a été rédigé de part mon expérience archéologique et de mon expérience dans ce type de construction.

La construction de la maison gauloise est à l’origine de la « maison BAD » (Base Autonome Durable) que nous  retrouverons tout au long de l’histoire de l’habitat dit rural.

 

 Maison qui ne demande que  peu de matériaux, tous naturels et  réclamant qu’une faible transformation. Leurs proximités sont l’une des conditions pour l’implantation d’une habitation ou d’un village. Il sera plus simple de construire là où les matériaux seront à disposition que de parcourir une longue distance pour les trouver. Nous aurons besoin de trois éléments essentiels : le bois, le chaume et l’argile.  La chaux interviendra dans la réalisation  mais je pense qu’elle n’était pas fabriquée par chaque clan mais spécifique à certain.

 

         La première étape sera l’implantation et l’orientation de la maison afin  de profiter au maximum du soleil tout au long de l’année afin qu’il  puisse chauffer l’intérieur et  que sa chaleur soit  emmagasinée par les murs. La plus grande ouverture, la porte d’entrée, sera généralement orientée au sud avec de possibles variantes selon la géographie du site. Alors qu’à l’ouest et au nord,  si ouvertures il y a,  seront réduites au strict minimum évitant ainsi aux vents dominants froids et  souvent chargés de pluies de refroidir l’habitation. Je vous propose de suivre les différentes étapes de construction en suivant l’ordre de réalisation.

 

Construction silo sur le site de Samara

1- La maison se  construira autour d’une structure en bois qui va supporter les murs mais aussi la charpente. Environ tous les deux mètres, seront mis en terre des poutres qui seront les éléments porteurs. Un trou de poteaux (ce qui restent lors de fouilles archéologiques) sera creusé à une profondeur d’environ 60cm pour un poteau d’environ 20 cm au carré, l’excavation pourra être plus importante si le poteau est de section plus grande. Nous pourrons installer dans le fond du trou une pierre plate sur laquelle le poteau reposera, son utilisation dépendra de la nature du sol. La partie enterrée des poteaux sera passée au feu pour éviter une détérioration trop rapide. La nature du bois utilisé sera importante avec une  préférence pour le chêne ou un bois dur car résistant mieux aux intempéries. Nos poteaux en place seront  maintenus les uns aux autres par des sablières (éléments de charpente horizontales) basses et hautes. le tout tenu par des tenons et mortaises. Sur cette structure  reposera donc la charpente.

 

2- La charpente réalisée, la couverture pourra être construite. Je pense, de par mon expérience, que la couverture était réalisée avant le comblement des murs ou en même temps. La charpente devra avoir un angle compris entre 35 et 45° pour que la pluie ruisselle correctement et ne s’infiltre pas dans le chaume. La couverture sera réalisée en chaume ou en roseau. Tout dépendra des matériaux disponibles… Le chaume sera réalisé avec de la paille de seigle qui possède une longue tige qui pouvait  atteindre les 2m50 pour les espèces primitives. Que ce soit du roseau ou du chaume utilisés, la méthode  de mise en place restera la même. Le chaume  descendra très bas de façon à protéger les murs. La couche de chaume sera légèrement plus épaisse sur le haut, proche du faîtage d’environ 5cm, il faudra compter environ 40cm de chaume pour une espérance de vie pouvant être estimée à environ 40 ans avec un entretien régulier indispensable. Le faîtage sera rendu étanche avec une couche de terre recouvrant le haut de la toiture, dans lequel des plantes à racines plongeantes seront intégrées pour venir s’accrocher au chaume et unir ainsi l’ensemble. Le chaume à de nombreux avantages, il a un faible poids, laisse passer la fumée du foyer et est isolent… mais a aussi des inconvénients. l’entretien annuel sera indispensable. Si  un trou se forme dans le chaume il  s’agrandira très rapidement et causera  la dégradation de toute la toiture attirant en même temps des rongeurs…

 

3- Passons au remplissage des murs, maintenant que notre habitation est hors d’eau. Les murs n’excèderont guère plus de 1m60 de haut. Entre nos poutres de bois, de nouvelles poutres pourront être rajoutées entre les deux sablières, de façon à réduire les espaces entre les poteaux porteurs. Entre chacune des poutres, des traverses horizontales de 3 à 4 cm de diamètre seront installées. Un clayonnage sera mis en place comme si nous réalisions  une vannerie en passant devant derrière. Nous utiliserons de préférence du saule, du noisetier ou du châtaignier pour leur souplesse cependant  tous les bois pourront être utilisés s’ ils sont verts. Le clayonnage sera  plus ou moins serré, tout dépendra de la quantité de matière première à disposition. Les claies en place,  le torchis sera fabriqué. L’argile proviendra des trous de poteaux, du creusement d’un puits,  de la création d’une mare et/ou de la création d’un fossé défensif.

Selon la qualité de l’argile, du sable pourra être ajouté si l’argile est trop collante, à l’inverse de l’argile pourra être ajoutée si elle est trop limoneuse. Nous   mouillerons l’ argile puis ajouterons de la paille, du foin ou toute fibres naturelles creuses. Sa mise en place dépendra du type de clayonnage, s’ il est serré, il sera plaqué de chaque côté, s’ il est plus espacé, des boudins de torchis (des torches) seront  réalisés et tressés comme pour une vannerie. Quelle que soit la méthode, il faudra être deux pour la mise en place. Les pans de murs remplis de  torchis sera lissé pour obtenir une surface plane. Un léger retrait se fera au niveau des poutres qui sera comblé par une touche finale ou par une barbotine de terre.  À la fin de cette étape, la maison sera habitable.

 

4- Notre maison gauloise ne serait rien sans ses badigeons faits à base de lait de chaux. Qu’est-ce-que la chaux ? La chaux est le résultat de la calcination de la roche calcaire. C’est à dire que l’on porte à une très forte température du calcaire qui  se transforme  alors en chaux. On obtient de la chaux vive.  Je doute néanmoins qu’elle ait été utilisée pour les badigeons. La chaux vive devait plutôt être utilisée pour accélérer la décomposition des corps. La chaux vive est alors éteinte en ajoutant de l’eau devenant ainsi de la chaux éteinte. C’est cette pâte diluée encore qui sera utilisée et à laquelle nous ajouterons  des pigments naturels qui servira à réaliser les peintures des murs.

 

Pour conclure notre maison gauloise est une habitation qui semble simple mais qui a de nombreux points positifs :

  • Une température quasi-constante toute l’année.
  • Matériaux qui se trouvent dans la nature.
  • Mise en œuvre aisée auquel participait toute la communauté.

 

Ce type de maison pouvait ou non être semi-enterrée selon la géographie et  le climat.

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