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L'univers d'Ulfin

Un voyage dans un monde contemporain et de légende.

Luadh

Luadh

"Morag gyda gwallt cyrliog hardd,

'N anhymerus' yncanu i chi.

Os ydych chi wedi mynd y tu hwnt i'r moroedd,

Rwy'n erfyn i chi ddod yn ôl i mi yn gyflyn,

Cofiwch: dod â band o ifanc

merched a fydd yn cerdded y brethyn coch caled."

Est le chant que j'entends en approchant de Sligachan.

Je reconnais ce chant c'est celui que les femmes chantent lorsqu'elles luadh ou waulking comme disent les anglais.

Le luadh est un rituel familial qui consiste à fouler des tweeds, du tissu des kilts toujours à la couleur du clan.

Je me dirige vers le chant je vais avoir la chance d'assister à ce rituel si important pour le clan familial et si codifié. Je réalise que nous sommes jeudi et que le soleil se lève à peine et c'est le jour du luadh.

Luadh

Les femmes viennent juste de descendre le tissu du métier, un lai de tissu mesurant environ 65 mètres de long. Pour le commencer elles réalisent le fualor graith, c'est à dire qu'elles plongent le tissu dans l'urine des membres du clan. Quoi de mieux que l'urine humaine riche en ammoniaque pour fixer les couleurs et réaliser un second mordançage. L'urine du clan a un pouvoir magique car elle protégera les membres.

Pendant le fualor graith les femmes dressent le cleith-luaidh, la table à fouler. J'ai l'impression qu'elles dressent plutôt la table pour un banquet au vu de sa longueur qu'une table pour le tissu. Elle mesure au moins 7 à 8 mètres pour 1 mètre de large Toutes les femmes du clan reviennent chacune avec une chaise et s'assoient serré les unes à cotè des autres devant la table rainurée.

Elles sortent le tissu et le déroule le long de la table. Elles ajoutent au tissu saturé d'urine de l'eau chaude et de la saponine.

Les femmes travaillent travaillent dans le sens inverse des aiguilles d'une montre frottant le tissu contre les rainures. Après l'avoir frotté quatre fois le tissu tourne autour de la table dans le sens des aiguilles d'une montre pour que le tissu passe dans les mains de toutes les femmes. Cela fait plusieurs heures que je les observe. Les couleurs semblent fixées, elles rajoutent de l'eau chaude et de la saponine et elles recommencent le même mouvement cette fois pour laver le tissu.

Luadh

Pendant qu'elles luadh les femmes s'accompagnent d'orain lauid, ces chants permettent de mesurer le temps et de s'encourager. Enfin elles rajoutent que l'eau chaude pour rincer le tissu et elles recommencent une troisième fois le mouvement. Le soir est tombé elles finissent tout juste, le tissu a rétréci, il est plus épais et plus dense, plus doux. La beauté des couleurs est magnifique elles sont beaucoup plus vivent que ce matin.

C'est le moment du coilleachadh an aodaich, c'est à dire l'étirement du tissu, elles l'enroulent avec grande attention car c'est ce qui va donner la tension finale du tissu qui doit être constante. Le tissu enfin plié est mis au bout de la table et la maîtresse de cérémonie assistée de deux autres se mettent à consacrer le tissu. La maitresse de cérémonie lève le tissu et dit "Cuirim ca deiseal" ( "Je lui donne un tour dans le sens du soleil"), puis se tourne vers le soleil couchant, puis le passe à sa voisine de gauche qui recommence le Cuirim ca deiseal, toutes les femmes présentent le tissu au soleil.

Le clan m'invite à partager leur repas, je deviens l'un des leurs. Le lendemain avant de partir la maitresse de la cérémonie de hier me tend un paquet avec un kilt au couleur du clan, plus de doute je suis du clan des Mac Buidhe.

Traduction du chant entendu en arrivant prés du village:

"Beau Morag avec les cheveux bouclés,

Je vais chanter te concernant.

Si tu as disparu par-delà les mers;

Je t'en prie reviens-moi vite,

Rappelle-toi: ramène une bande de jeunes

femmes qui fouleront le tissu rouge avec ardeur."

 

 

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